16 août 2008
Rock'n'Roll Animal - 1974
Ce disque est "LA" référence depuis plus de trente ans. L’histoire est connue, ou comment le Lou, frustré par l’insuccès de son "Berlin" (qui fila dans les bacs à soldes deux mois après sa sortie), décida d’embaucher une bande de quasi hardos pour aller écumer les scènes américaines à coups de classiques revisités à la sauce métal.
Lors de ce concert, Lou reprend des chansons de ses albums précédents et surtout des titres du Velvet Underground, dont le mythique "Sweet Jane". L'intro de "Sweet Jane" est monstrueuse : Dès l’intro les deux guitaristes (Steve Hunter & Dick Wagner) fabriquent un son à la manière des frères Asheton, le batteur écrase toutes ses baguettes, Steve Hunter enchaîne pour aboutir à un riff bien costaud, bien lourd. Avant que notre rock star arrive sur scène, des hurlements jaillissent ! Et voilà que Lou arrive vers le micro et balance «…and you can hear Jack say - Sweet Jane… Sweet Jane Aaahhh…» yeah
D'autres titres du Velvet seront également repris, comme le non moins mythique "Heroin", dans une version de plus de douze minutes, où le mélange entre les deux guitares et l'orgue crée un climat sombre et inquiétant, qui fait monter la tension progressivement durant tout le morceau, jusqu'à l'explosion finale des deux guitares. Un choc dont je ne me suis jamais tout a fait remis.
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05 août 2008
Sally can't dance - 1974
Lou sort ce disque, juste après l’échec de "Berlin". Il est physiquement et moralement très mal, son look est celui d'un junkie : maigre, cheveux très court et teint en blond platine^^ Il traîne de plus en plus la nuit dans des bars glauques. D’ailleurs, c’est à cette époque qu'il rencontre la célèbre travesti Rachel. Sous l’influence de ce dernier(e), Lou quitte sa femme et s’installe avec son travesti préféré. A noter sur le dos de la pochette, on reconnaît un portrait de Rachel.
Pour en revenir au disque, Lou devait revenir avec un succès (dixit sa maison de disque) ; et au miracle le succès et là ! Personnellement, je trouve ce disque pas trop mal, mais tout de même il y a mieux dans sa discographie. Cependant il reste quelques pépites dans ce disque.
1 - Ride Sally Ride : Ouvre l'album, est dans la continuité de Berlin, avec son intro au piano et son déluge final de cuivres et de chœurs, un poil plus funky.
3 - Baby face : La guitare rythmique fait des merveilles et tel un crooner sous acide, il chante d'une voix plus méprisante et séductrice que jamais.
4 - Kill your Sons : Est-ce le plus grand morceau de ce disque ? Au niveau des paroles il n’y a pas photos. Lou dessus raconte ses expériences des électrochocs : Durant son adolescence, Lou Reed était un asocial avec des penchants homosexuels. Ses parents le confièrent à un psychiatre qui lui prescrivit de nombreuses séances d’électrochocs, en 1959, alors qu’il n’avait que 17 ans. Là-bas, il encaisse des chocs d’un fort voltage d’électricité qui travers son cerveau avec son cortège de lésions irréversibles… Le résultat final, n’effacera pas cette déviance : à l’époque l’homosexualité était vue comme une maladie c’est dire !
5 - Ennui : Chanson a l’accent « Berlinoise ». Lou se réfère à l’entourage de Warhol où les overdoses, les suicides, les internements sont monnaies courantes. Mention spécial aux chœurs de fin magnifiques !
7 - Sally can't dance : Le classique par excellence. Tous est limpide la guitare les cuivres et la voix de Lou assure grave^^ Au niveau du texte, Lou raconte l’histoire de Sally. C’est l’occasion avec celle-ci de faire don de son humour noir : Cette fille était si branchée, la voilà, après avoir été violée, qui se promène avec un sabre, tel Napoléon et tue les garçons.
8 - Billy : Une ballade pour laquelle Lou s'accompagne lui-même à la guitare acoustique tandis que le revenant Doug Yule (remplaçant de John Cale dans le Velvet) fait une apparition à la basse. J’aime beaucoup la ligne de basse dessus.
11 juillet 2008
Lou Reed – 1972
Après avoir sabordé le Velvet, Lou s’interroge. Il va même travailler un moment dans le cabinet comptable de son père, à Long Island. Mais l’envie d’écrire est plus forte. Et donc, il finit par tenter une carrière solo. Il revient avec un disque tout bêtement baptisé "Lou Reed".
Afin de repartir du bon pied, Lou s’envole vers l’Angleterre en cette fin d’année 1971. L’album, n’a rien de Londonien pourtant^^ Dessus deux musiciens du groupe "Yes" participent à l’enregistrement : Steve Howe et Rick Wakeman (la classe non ?). Malgré le son cool et la superbe voix de Lou ; l’album ne rencontre pas son public. Bref, je pense que ce bide, fut de toute manière salutaire, vu qu’après il pu rebondit aussitôt en sortant la même année "Transformer", produit par David Bowie (et ça s'entend !) et Mick Ronson.
Ma playlist sélective
1 - I Can't Stand It : A en croire les paroles, la vie à Manhattan dans l’entourage de Warhol n’était pas facile.
2 - Going Down : La chanson commence assez calmement un piano démarre et puis Lou envoie la sauce accompagné par des chœurs de filles aux cœurs tendre^^ La guitare suit avec une certaine finesse pour c’est l’une des réussites de cette album.
3 - Walk And Talk It : Impossible de décolle le riff de guitare nous choppe des le début. Ce morceau est très efficace dessus nous retrouvons les mêmes chœurs. D’ailleurs, elles ne quitteront quasiment plus album… Serait-ce les mêmes voix que sur le mythique Walk on the wild side ? Si quelqu’un, pouvais avoir la réponse ?
5 - Berlin : Cette première monture, ne se limite pas à une interprétation piano/voix comme sur l'album Berlin de 1973 :Rien n’avoir, nous sommes loin de l’ambiance cabaret allemand ; dessus, Lou nous ressort un costume de crooner ! Personnellement j’adore la monté en puissance dans cette version. L’orchestration piano, guitare, batterie de Steve Howe et Rick Wakeman est particulièrement sublime.
7 - Wild Child : Le titre le plus folk, Lou dessus se balade au facilement que l’accompagnement des musiciens. Le refrain est très entêtant, pour vous dire il m’est possible de m’en défaire après l’avoir écouté^^ D’ailleurs cette chanson est généralement sur tous les best of du grand Lou.
10 - Ocean : Encore une reprise du Velvet ; ce long morceau lent et d’esprit symphonique. Les cymbales du début, font passaient à des vagues s’écrasant sur des rochers. Sa voix pousse de plus en plus, en grande le rythme puis le refrain repart de plus belle. Pour moi ce petit bijou, conclut parfaitement le disque.
30 juin 2008
Mon concert de Berlin
En rentrant dans le hall un vigile me fait ouvrir mon sac à dos en me disant pas de photos… T’inquiète coco je l’ai planqué ailleurs^^ En attendant l’ouverture du rideau, un immense barbu avance sur la scène est prends le micro en disant c’est quelques mots que j’ai compris : « No film, no flash… thank you ». En zieutant la salle, je vois qu’a chaque coin de salle un vigile est posté et tout de suite dans ma tête je me dis je pourrais jamais faire de photos.
Bon revenons au concert, quand on voit la salle Pleyel plein à craquer, 35 ans après la sortie de l’album, on comprend l’envergure qu’a pris cette œuvre aujourd’hui. L’heure H arrive sur scène, les musiciens s’installent : On découvre Lou Reed entouré d’une chorale d’enfants, plus des musiciens classiques avec cuivres et cordes, et ses musiciens habituels. Parmi son équipe fidèle, Fernando Saunders (basse), Steve Hunter & Mike Rathke (guitares) Rob Wasserman (contrebasse)…
La playlist
Lorsque le piano retentit, pour recréer l’ambiance du premier rendez-vous entre Caroline et Jim, on ne peut s’empêcher de frissonner. Lou Reed promène sa voix sur l’histoire. Sur "Men of Good Fortune", la contrebasse prend toute son ampleur, se faisant naturellement une place face à la guitare électrique. Une spécialité des concerts de Reed. On monte en puissance avec "Caroline Says I", poignant, et "How Do You Think It Feels ", pendant lequel Lou prend son ampleur en habitant pleinement ses textes.
Dans la salle, ça tape des mains. Pas sûr que le public sache bien de quoi on est en train de parler. Normal 90% de salle, n’a rien n’avoir avec un public de rock habituel se sont pour la plupart ; des bobos de gauche ou pire encore des hommes fortunés (en gros des bourges de droite) comme Lou en parlant si bien sur "Men of Good Fortune". La vraie surprise apparaît sur "Oh Jim", Lou Reed seul pour un blues sombre, avant que la contrebasse et la seconde guitare le rejoignent « magique ». Puis c’est l’apothéose. Plus ses paroles décrivent la perversité de Jim et la déchéance de Caroline, plus Lou Reed est imprégné par ses textes. Sa voix tremble, parfois (mais l’émotion est plus grande). L’ensemble des cordes et des cuivres épouse à merveille le son rock de "Berlin". Et ces voix de jeunes enfants ajoutent au malaise, à l’ambiance malsaine de cette œuvre. "The Bed", qui raconte le suicide de Caroline, et "Sad Song" ferment superbement Berlin. Sur scène, les choristes martèlent le refrain. Lou Reed se concentre sur sa guitare. C’est entêtant, envoûtant. Superbe.
Bonus
Pour le rappel je file droit devant la scène en dévalant les marches ou je croise le cinéaste Roman Polanski accompagné d’Emmanuelle Seigner ! Un bourge m’engueule car il ne voit plus rien. Enervé je lui dis que pendant les concerts rock le principe c'est de avancé au plus près de la scène^^ un gars me rejoint en me félicitant de cette pique et lui balance a son tour « Moi aussi je te gène et je t’emmerde en plus ! » Le décor est planté. Pendant une chanson du rappel je décide de prendre un risque c’est-à-dire, de sortir mon appareil est là j’actionne le flash ; le pire c’est que Lou me voit et me lance un regard de colère (la photo du haut est de moi). 30 secondes après, c'est un vraie symphonie de flash qui illumine la scène. Quelques minutes plus tard, je décide de filmer : d’ailleurs en voici le résultat
28 avril 2008
Set the twilight reeling - 1996
Sur ce disque, le de son est très particulier : Il est vicelard et drôle en même temps, quand aux guitares elles sont plus bavardes (un son de folie) que cette voix sobre et imposante.
Avec cet album, Lou Reed redeviens, amuseur et poète. Sur certaines chansons, il lui arrive de trouver une tête de Turc nommé Robert Dole (leader de la majorité républicaine, qui succède sur sa liste noire à Louis Farrakhan, leader charismatique et antisémite de la Nation de l'Islam). Une torgnole à gauche, un pain à droite : Lou le Juste ne fait pas de favoritisme.
Guitare truculente et phrasé : personne ne maîtrise comme Lou Reed l'art du ton d'autant plus méprisant qu'il est ostensiblement neutre, de la vacherie ironique qui troue la peau. "Sex with your parents part II" il assassine la mauvaise humeur et le freudisme bon marché «s'ils sont neuneus, c'est pour mieux conjurer le sort de parents incestueux». Sur "Hookywooky" zigouille les anciens amants de Laurie Anderson (sa compagne depuis presque 10 ans).
La chanson éponyme "Set the twilight reeling", montre qu’on ne plaisante pas avec l'amour : Les dernières minutes sont magnifiques, j’adore quand le son de guitare se durci « La classe ». Après Rachel (l'égérie ambiguë de «Coney Island baby») et Sylvia (Mes ex me piquent mon froc, mon fric et mon nom^^). Pour "Trade in" Lou se retrouve gaga d'admiration face à Laurie, sa «femme aux mille visages». Vers la fin de ce titre, c’est grandiose tous les instruments se mettent à jouer. Autre hommage à sa future épouse "The Adventurer", et oui Laurie Anderson est aussi une grande aventurière lol.
"NYC man" est assez jazzy, d’ailleurs il fait penser aux brisées cuivrées de "Walk on the wild side". Je trouve que cette chanson représente parfaitement l’esprit de la vie à New York. PS : Quand vous penserez à cette ville arrêté de fredonner "New York, New York" de Liza Minelli.
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09 mars 2008
White Light/White Heat - 1969
A mon avis c’est le disque plus toxique, le plus vénéneux, le plus dangereux mais aussi le plus fascinant. Noir dehors (pochette noire, énigmatique), et encore plus noir dedans, il nous restitue un univers sonique terrifiant, à la frontière du malaise et de la folie.
Six titres pour un disque de légende à ne pas mettre entre toutes les oreilles avec, pour donner le ton cet hymne velvetien, "White Light/White Heat" qui repousse encore plus loin les limites du rock.
"The Gift" En 1968, pour le second album du Velvet Underground, John Cale, qui cultive également une âme de poète sans oser soumettre ses textes au groupe, propose de mettre en musique une nouvelle de Lou. Intitulée The Gift, « attention chef d’œuvre » ! Cette chanson narre la mésaventure de Waldo Jeffers, avatar malheureux de Reed, qui pour faire une surprise à sa petite amie s’expédie chez elle par la poste, emballé dans un carton. Cette histoire est l’occasion pour Lou de caricaturer les habitudes de sa génération, en particulier des jeunes femmes. Ce genre d’initiatives trouve peu d’écho dans une époque "Peace and Love" où les chansons d’amour et de paix semblent être le seul moteur économique du rock, mais Lou Reed assume, pour ne pas dire tire une certaine fierté, de ses textes particuliers.
"I heard her call my name" contient l’un des instants les plus chargés de sens que j’aie jamais entendu en musique : Une petite pause d’un 10ème de seconde qui laisse présager l’explosion qui va suivre.
L'album se termine sur un titre de plus de 17 minutes, "Sister Ray", petit surnom que Lou Reed aimait donner à sa... seringue. Au départ chanson relativement calme (tempo fortement ralenti par rapport au titre précédent), il s'y développe plusieurs thèmes musicaux, faisant ressembler l'ensemble à une gigantesque improvisation, un gigantesque trip (ce qui fut probablement le cas).
06 mars 2008
A night with Lou Reed - 1983
Ce DVD, comblera les fans, comme moi : En effet, cette fois-ci, c'est donc l'auteur du célèbre "Transformer" que l'on retrouve sur la scène du Bottom line et ce, face a un public (trop calme), qui ne réagit qu'au moment des rappels, principalement avant l'entame de "Rock’n’roll" en clôture.
Pour en achever avec les aspects purement matériels de la critique, on vous informera que vous pouvez profiter du concert en Dolly Digital Stéréo (devenu un standard de parias, ne nous mentons pas), en 5.1 (miam) ou, grand luxe, en DTS. Concernant la captation visuelle, le tout fonctionne à la sobriété, donnant une large place aux gros plans (visages déformés par la concentration ou l'exultation, doigts en action) en doux inserts floutés. De ce côté rien à redire.
En revanche, on pourra trouver à pinailler au niveau de l'absence totale de bonus ou, au contraire, apprécier cette épure, cette évacuation du superflu et/ou de l'inutile pour se concentrer sur la seule capture d'un instant. Après avoir longuement disserté pour dire peu (il faut bien faire ses lignes, même si on n'est pas payé lol), revenons-en à ce qui nous intéresse : La musique. Et là, pas besoin de s'étendre des heures puisque la magie est au rendez-vous. L'ex-leader du Velvet sait s'entourer, c'est le moins que l'on puisse dire, on ne peut que s'incliner devant un tel bassiste (Fernando Saunders exécute un magnifique solo à la fin de New Age), au toucher diaboliquement agile et à la maîtrise détendue, de même qu'on ne peut qu'apprécier la performance d'un batteur à la satisfaction proche de l'exploit physique, à l’image de son tee-shirt trempé^^ Merde j’allais zapper l’immense Robert Quine : Surnommé « L’avocat », pourquoi un tel surnom ? Et bien parce ce que tout simplement il est !
La figure de proue du groupe est, pour sa part, comme à son habitude : Monolithique (c'est une vraie traque que de repérer ses sourires complices), peu bavarde (mais forte d'une diction et d'une rythmique inimitables), croisant en son fort intérieur une pointe d'arrogance dissimulée et un ton de douleur enfouie.
23 février 2008
Metal Machine Music - 1975
Cet album est à mettre à part dans la carrière de Lou; Car il montre à quel point un artiste peut décider de se suicider commercialement : Bien évident, l'album a été un bide monumental à sa sortie (le pied pou la maison de disques^^ 100 000 exemplaires vendus ! Et des milliers de clients furieux demandant à leur disquaire d'être remboursés !).
Pour moi c’est l'un des disques les plus avant-gardistes de l'histoire du rock : Aucune voix ni instrument mais uniquement deux guitares, des amplis, et un magnéto à quatre pistes. Pour le réaliser Lou Reed s’enferme dans son loft de Manhattan : Et commence à faire hurler de manière effroyable et totalement dissonante des accords ouverts, distorsions, larsens, qu'il monte en boucle et superpose de manière chaotique pendant plus d'une heure.
Finalement le plus important, ce n'est ni d’écouter le disque, ni de l'apprécier, c'est qu'il existe. Un album important historiquement voila tout, naviguant entre le chef d'œuvre et arnaque (comme quoi c'est possible !). Apres on peut dire ce qu`on veut, mais pour moi il y a un avant "Metal Machine Music" et un après (pas vrai Trent Reznor, Sonic Youth ?).
Il prouve, qu'avec ce machin tout est possible (même si dans ce cas présent, on peut encore se poser la question s'il s’agit de musique lol). En 1967, il avait d'ailleurs aussi montre la voie avec pour la première fois des paroles crues et subversives (digne du Marquis de Sade) dans le rock, pour la première fois ce dernier avait atteint l’âge adulte, ne cherchant ni a plaire, ni a s'identifier a certaine jeunesse…
Voilà j’aimerais terminer cette note, avec l’avis de Lou Reed sur son disque : « Quiconque est capable d'écouter ce disque jusqu'à la quatrième plage est encore plus malade que moi ». « J'étais très sérieux. Et très défoncé, à l’époque. » source d’une chronique datant de 1976 par Lester Bangs.
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06 février 2008
Rock and Roll Heart - 1976
Cet album mineur pour certains puritains, marque un tournant dans la carrière de Lou. Faut-t-il rappeler que fin 75, Lou est viré de sa maison de disque juste après l’enregistrement de « Coney Island Baby » : De cette époque, il reste son image de pierrot lunaire de cette célèbre pochette (voir mon avatar sur ma colonne blog de gauche) mais aussi de sa liaison avec le célèbre travesti "Rachel" ; qui traîne tourne dans les rues de Greenwich Village^^
Depuis Lou vie une amourette avec Patti Smith… Et il se décide à sortir un album mi-jazz mi rock, étrange séduisant. Libre de toute contrainte, il expérimente des arrangements, des mélanges improbables : piano, de synthé, saxo sont a l’honneur…. Cela commence avec une chanson très entrainante "I Believe In Love", porté par un swing rarement aussi bien maîtrisé par Lou. L’enchainement de "Banging On My Drum" propage une furieuse énergie rock'n'roll saxo, guitare (assurée par Lou lui-même), s’accélèrent dans une grandiose mélodie.
La suite de l’album se poursuit avec le riff génialissime de la batterie sur "Follow The Leader". Cela repart dans une autre direction sans pour autant suivre cette seconde voie puisque dès "You Wear It So Well", il s'engouffre dans un souterrain glauque ou résonne des pianos amples et éthérés dans lequel il errera l’âme du Velvet… Que dire du magnifique "Ladies Pay", peut-être le sommet du disque, qui d’ailleurs pourrait se rapprocher du magnifique "Sad Song". Avec la chanson phare (titre éponyme), Lou clame son amour du rock'n'roll qui le fait bien plus vibrer qu'un opéra ou qu'un film de Chuck Norris lol ! La simplicité du propos n'empêchant pas l'émotion de monter. Sur la seconde face, tout démarre (après l'instrumental "Chooser And The Chosen One" qui finit mieux qu'il ne commence) comme sur la première par deux morceaux au swing affirmé et un poil plus retenu.
Mais à nouveau il casse le rythme pour nous offrir un superbe "Vicious Circle" renouant avec la simplicité et la puissance horrifique de certains morceaux du célèbre album à la banane signé Andy Warhol. Avec la ballade jazzy "A Sheltered Life", on devine plus de dix ans avant certains arrangements présents sur New York tandis que le morceau final "Temporary Thing" instaure une retenue pesante amplifiée par le refrain scandé ('It's just a temporary thing') sans que l'auditeur médusé ne sache de quoi parle Lou; de l'amour ? Mais non, ne chantait-il pas au début de l'album I believe in love ?
Pour terminer voici une version film de "Claim to fame".
17 janvier 2008
Loaded - 1970
Ce disque pour moi, est un très bon album du velvet n’en déplaise à certainement… Un album post-rock’n’roll et foncièrement loin de tout sobriété propre sur elle et sans relief d’une pop : Ici, pas besoin de substances illicites on plane littéralement lol !
Du groupe originel, il ne reste que Lou Reed, Sterling Morrison/guitare, Maureen Tucker/batterie (quoique très vite absente pour cause de bébé). Les bannis s’appellent Nico et John Cale, virés par Lou Reed (selon une certaine presse). Preuve que ce groupe était bien l’œuvre du grand méchant Lou^^ Même si, c’est Doug Yule qui chante la plupart des titres.
Mes titres favoris
1 Who loves the sun ouvre le bal, ca ressemble au Beatles (voir au Beach Boys) : Notamment en raison des harmonies vocales et du côté très pop de la mélodie. Doug Yule serait t’il le cinquième Beatles ? lol. Suivit de 2-Sweet Jane, la répétition jouissive de deux ou trois accords simples; Lou Reed l'a bien compris et crée ainsi un classique imparable, qui le hisse à la hauteur des modèles de son adolescence.
3 Rock and roll est sans doute la chanson la plus emblématique, puisqu’elle constitue à elle seule un véritable hommage au rock «Her life was saved by rock’n’roll » ! 5-New Age ma préférée ! La voix de Doug Yule prend plus d'importance dans ce morceau. La mélodie et à la fois crépusculaire est impeccable. Le mariage avec l'acidité et l'urbanité de Lou Reed est vraiment une grande réussite artistique. Seul petit hic, je préféré la version sur « dvd A Night with Lou Reed » pas vrai kléo…
La chanson
7 Lonesome Cowboy Bill est un hommage à William Burroughs, écrivain de la beat-generation et auteur du culte « Festin Nu ». Il place l’écrivain dans la situation du cow-boy qui impressionne la galerie en faisant du rodéo : « Bill le cowboy solitaire / Fait le rodéo / Depuis qu’il est un garçon / Il aime le rodéo / Il maîtrise les chevaux, il sirote du vin / Il faut le voir faire ça / Et toutes les filles à chapeau de cow-boy / Adorent l’entendre».
Une fois sorti, ce fantastique album sera "enfin" bien accueilli par la presse et le public. Mais c'est trop tard : Lou est parti. Sans lui, ils feront encore "Squeeze" (un massacre) et une tournée anglaise. A ce propos que se serait-il passé si Lou était resté ? Deux ans plus tard, il enregistrait "Walk On The Wild Side" avec Bowie... Le reste, c'est de l'histoire.
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