04 juin 2008
Paul Verhoeven
Dès ses premiers films hollandais et jusqu’à des grosses machines hollywoodiennes, ce cinéaste néerlandais a toujours suscité le scandale pour sa crudité avec laquelle il représente la violence & le sexe dans ses films.
Toutefois il réfute les accusations selon lesquelles ses films encourageraient la violence des hommes entre eux ou des hommes à l’encontre des femmes : Les spectateurs d’Europe voient les mêmes films américains violents, mais ils ne semblent pas avoir de réactions violentes ! Pourtant, ils regardent les mêmes films…
D’ailleurs au début de sa carrière, Paul Verhoeven se trouve au centre de son œuvre, avec ses trois premiers longs métrages : Prostitution dans "Qu’est-ce que je vois" (1971) et "Katie Tippel" (1975), confrontation amoureuse dans "Turkish Delices" (1973) : que je considère comme l’ancêtre de "37° le matin". Mais c’est "Spetters" (1980), portrait sans concession de la jeunesse hollandaise qui, avec des scènes très explicites, fait réellement scandale. Les démêlés récurrents de Paul Verhoeven avec ses financiers et la censure.
Il faudra attendre le bon accueil réservé au Quatrième Homme pour que Verhoeven soit enfin considéré comme un prophète en son pays, mais il est déjà trop tard (voir ma note sur le film dans la catégorie 7ème art). Effectivement, le cinéaste a déjà décidé de plier bagage pour les USA du fait de l’hostilité du gouvernement hollandais vis-à-vis de son cinéma, et les bonnes appréciations du "Quatrième Homme" sont presque faussés, puisque Verhoeven avouera, des années plus tard, avoir réalisé ce film, excellent au demeurant, pour se mettre la critique dans la poche^^
Changment de cap
Enfin libéré des contraintes hollandaises, il va découvrir un autre système et une autre forme de censure en s’investissant dans un bras de fer de plus de 15 ans avec la MPAA. "La Chair et le sang" (1985) est un premier pas difficile vers les Etats-Unis : Le tournage éreintant et l’accueil glacial de ce superbe film d’aventures médiévales cru et réaliste poussent d’ailleurs Verhoeven à s’orienter vers des commandes dont il n’est pas forcément l’initiateur, mais dont il va transgresser le contenu par la seule force de son cinéma subversif. Le génial "Total Recall" (1992), "Robocop" (1987), "Starship Troopers" (1997) et dans une moindre mesure "Hollow Man" (2000) sont des films de science-fiction qui renvoient à ses passions adolescentes : La BD.
Les succès de "Robocop" et de "Total Recall", lui permette de revenir à son sujet cinématographique favori, le sexe, par l’entremise de "Basic Instinct" (avec le fameux croisement de jambe de Sharon Stone) qui reste son plus gros succès ! L’état de grâce est presque terminé car, "Showgirls" (1995) fut un bide au box-office. Il accepte de refaire de la SF avec " Starship Troopers", dans lequel il n’hésite jamais à dresser des comparatifs entre l’armée américaine et la gestapo : Une fois de plus, au dessus de la tête des critiques, qui n’hésitent pas à hurler au fascisme avant même d’y réfléchir à deux fois. Après la réception mitigée de "Hollow Man", le cinéaste décide de revenir aux Pays-Bas et entame une nouvelle collaboration avec "Black Book" (2006), un véritable retour en forme qui démontre qu’à 68 ans, Paul Verhoeven n’a rien perdu de son génie.
01 mars 2008
Jacques Tati
Toute une génération a aimé Bourvil, De Funès, Fernandel… Mais cette génération est passée à côté du génie comique de Jacques Tati. Généralement quand je parle de Jacques Tati, les gens pensent tout de suite au magasin du même non (bande d’incultes va) !
Mon point de vue
Ses films brisent toutes les règles en vigueur et ont pourtant rencontré le succès (plus au Etats-Unis il est vrai). Pas intrigue, très peu de dialogue, ni sexe ni armes… Comment réaliser un film sans ces ingrédients ?
A l'image de Charles Chaplin, Jacques Tati crée et interprète lui-même le personnage récurrent de ses films Monsieur Hulot, doux rêveur et solitaire : Un genre de Gaston Lagaffe qui fait beaucoup de bêtises dans ce monde moderne et superficiel. Lui préfère la bonne vieille France chaleureuse, ou les gens savent se dire "bonjour", prendre le temps de parler, de partager... Il essaie de réparer les bêtises que font les autres mais il les aggrave toujours. Hulot, est un pauvre homme au grand cœur, éternel incompris de cette société qui se développe trop vite.
Son travail sur le son est aussi à lui seul une merveille : Des symphonies de musique concrète avec du cœur et de l’humour. Ses meilleurs films pour moi sont : Playtime, Mon oncle, Les vacances de Mr Hulot, Jour de fête. Bon je m’arrête là, malheureusement lol, sinon ma note va devenir indigeste.
Et oui j’aurais pu parler de ses talents de mime, du design exceptionnel dans "Playtime" ou bien encore, de sa "non" reconnaissance en France et dire qu’il est mort ruiné et complètement oublié… Quel gâchis !
06 février 2008
Louis de Funès 25ème anniversaire
Voici ma note qui devait être posté dimanche il y a environ 2 semaines (27/01/08) : Le 27 janvier 1983, c'est-à-dire 25 ans après sa disparition, Louis de Funès reste l’un des comédiens préférés des Français. «Ce qui fait que Louis n’a jamais été remplacé, c’est qu’il a passé le mur du son», confiait son vieux complice Gérard Oury. Donc voilà vous avez compris, j’ai voulu pour cet anniversaire opté pour une note hommage.
A ses débuts, Louis de Funès a longtemps galéré. Avant de devenir acteur, il passe en revu une succession de jobs : Dessinateur industriel, aide comptable, étalagiste… où il se fait à chaque fois virer pour son caractère, puis devient enfin pianiste de music-hall et de cabaret. C’est grâce à Daniel Gélin, il commence alors à faire apparition au théâtre puis au cinéma en 46 dans La "Tentation de Barbizon". En 1956, il se fait remarquer face à de nouveau à Bourvil et Jean Gabin dans le rôle de Jambier, le boucher trafiquant de « La traversée de Paris ». Mais c’est vraiment avec la série des Gendarmes qu’il explose, s’en suit le duo avec Bourvil enfin la suite tout le monde la connaît…
Si la France d’en bas l’adorait, les intellectuels le méprisaient. Si le 1er continu à adhérer à son humour : Il faut voir les cartons qu’il réalise encore, sur le petit écran à en faire pâlir Christian Clavier^^. En ce qui concerne les critiques De Funès tient depuis sa revanche posthume. Et oui, ceux qui le critiquaient à l’époque louent désormais son talent de comique et lui rendent maintenant très bonne presse (à part Télérama).
Si je devais faire un top 5 de ses meilleurs voici quel serrait mon classement : 1/ Fantômas contre Scotland Yard - 2/ La folie des grandeurs – 3/ La grande vadrouille - 4/ Les aventures de Rabbi Jacob - 5/ Le corniaud.
Le saviez-vous ? De Funès (qui avait adoré "Le bal des vampires") voulait tourner avec Roman Polanski ; a ce propos dans une bio récente d’Olivier De Funès (son fils), il raconte que les deux hommes s’étaient mis d’accord pour tourner ensemble mais le projet n’a jamais pu ce faire à cause des ennuis de santé de l’acteur puis des affaires de photos litigieuse de mineurs pour le cinéaste.
05 février 2008
Lee Van Cleef
J’ai connu cet acteur, surtout pour ses rôles dans les westerns. Il faut dire que son visage inquiétant et sa silhouette mince ne pouvait que le prédestiner à incarner des méchants dans le monde du cinéma.
Avant d’être une star il fit pas mal de second rôle insignifiant. Il ne doit son salut qu’à l'intervention du grand Sergio Leone, pour le rôle du chasseur de primes pour son deuxième western, "Et pour quelques dollars de plus" (après le désistement d’Henry Fonda). Il devient donc le colonel Mortimer, une sorte d'Homme sans nom qui aurait vieilli.
L’année suivante arrive le rôle de sa vie, dans "Le Bon, la Brute et le Truand" où il interprète la brute, c’est-à-dire "Sentenza" qui signifie l’incarnation du mal en latin^^ Son personnage dans le film, n'a aucune pitié et se délecte à voir souffrir ses victimes. Pour lui, la vie des autres ne compte guère et sa seule obsession est de s'enrichir. Au début du film, il n'hésite pas à prendre de l'argent à l'homme qu'il s'apprête à exécuter et qui lui demande de tuer son commanditaire.
Personnellement, j’adore ce genre d’habitude lol. Pourtant, ce tueur froid et sans scrupules rencontrera sa Némésis (mythologiquement parlant : la déesse de la Vengeance, au service d'Héra) en la personne de Clint Eastwood dit l'Homme sans nom. Bon je m’arrête là, il y a peut être des blogueurs qui n’ont pas vu ce classique. Bref avec le succès du "Le Bon, la Brute et le Truand", il joua dans plusieurs films italiens, notamment la série des "Sabata" ou "Les Quatre Mercenaires d'El Paso".
Après il a plutôt fait dans les nanars et les séries Z… Toute fois, il revient dans le film de John Carpenter "New York 1997", où il donnait la réplique à Snake Plisken ! Il est décédé d'une crise cardiaque en 1989, à l'âge de soixante-quatre ans. Pour finir, voici la bande annonce du "Bon, la Brute et le Truand".




